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Conférence de presse du 30 novembre 2020 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2020/11/30

CCTV : La 17e édition de l'Exposition Chine-ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) et du Sommet d'affaires et d'investissement Chine-ASEAN se sont clôturées aujourd'hui. Comment la Chine évalue-t-elle les résultats de ces évènements ? Quelles sont les attentes de la Chine pour la prochaine étape du développement des relations Chine-ASEAN ?

Hua Chunying : L'Exposition Chine-ASEAN et le Sommet d'affaires et d'investissement Chine-ASEAN ont d'ores et déjà 17 ans. Les évènements de cette année sont une grande exposition internationale organisée conjointement par la Chine et les pays de l'ASEAN dans le contexte de la lutte solidaire contre la COVID-19. Plus de 1600 entreprises chinoises et étrangères ont participé à l'exposition hors ligne, et de nombreux hommes d'affaires étrangers ont activement participé au « Cloud Expo » en ligne. Le Président Xi Jinping y a attaché une haute importance et a prononcé un discours par vidéo lors de la cérémonie d'ouverture. Afin de faire progresser la coopération Chine-ASEAN et de construire une communauté d'avenir partagé plus étroite Chine-ASEAN, M. Xi a avancé quatre propositions, à savoir approfondir la synergie entre les plans de développement, accélérer la reprise globale de l'économie régionale, approfondir la coopération de l'économie numérique et renforcer la construction des capacités de santé publique.

Lors de la cérémonie de signature de cette édition de l'Exposition Chine-ASEAN, différentes parties ont signé 86 projets de coopération d'investissement nationaux et internationaux, avec un montant d'investissement total de 263,87 milliards de yuans, soit une augmentation record dans l'histoire de l'exposition qui s'est élevée à 43,6% en glissement annuel. L'ampleur et la qualité des grands projets se sont largement améliorées par rapport aux éditions précédentes. Les projets dans les trois grandes industries et trois nouveaux domaines à savoir les mégadonnées, la santé, la logistique, les nouvelles énergies, les nouvelles industries manufacturières et les nouveaux matériaux ont représenté 85,3% des projets conclus, ce qui montre pleinement que la plateforme de l'Exposition Chine-ASEAN a un effet croissant de « champ magnétique », et que les entreprises chinoises et étrangères sont de plus en plus nombreuses à tirer des avantages de développement sur cette plateforme.

La Chine est en passe d'accélérer la construction d'une nouvelle dynamique de développement et d'élargir inébranlablement l'ouverture à l'extérieur. Cela favorisera fortement la reprise économique régionale. La Chine est disposée à promouvoir la coopération dans divers secteurs avec les pays de l'ASEAN pour établir une communauté d'avenir partagé plus étroite Chine-ASEAN, et apporter une plus grande contribution au maintien de la paix, de la stabilité, du développement et de la prospérité dans la région et dans le monde.

Bloomberg : Le Premier Ministre australien Scott Morrison a demandé à la Chine de présenter ses excuses pour un tweet émanant de votre collègue. La photo du tweet concerné met en scène un soldat australien tenant un couteau sur la gorge d'un enfant afghan. M. Morrison a qualifié cette image de « répugnante », et a appelé Twitter à supprimer le tweet. Il a déclaré que le gouvernement chinois devrait avoir honte de celui-ci. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

Hua Chunying : Certains soldats australiens ont commis de graves crimes en Afghanistan, ce qui a été dénoncé par un média australien et confirmé dans un rapport d'enquête du Département australien de la Défense. Le Chef des Forces de défense australiennes Angus Campbell a tenu une conférence de presse dédiée à ce sujet pour présenter le contenu du rapport. Les détails révélés dans ce rapport sont choquants et épouvantables. Des hommes et des garçons ont été collectivement tués par balles ou égorgés avec les yeux bandés. Deux garçons de 14 ans ont été égorgés avant d'être ensachés et jetés dans une rivière. Des soldats novices ont été demandés de tirer sur des prisonniers de guerre pour faire des exercices. Ces crimes brutaux commis par l'Australie ont été condamnés et dénoncés fermement et unanimement par la communauté internationale.

Pourquoi l'Australie a-t-elle réagi si fortement au tweet de mon collègue ? Pense-t-elle que le meurtre impitoyable de civils afghans est justifié, alors que ceux qui condamnent un tel crime impitoyable ne le sont pas ? La vie des Afghans compte ! Ce que le gouvernement australien doit faire, c'est d'engager une profonde introspection et de traduire les coupables en justice. Il doit présenter des excuses formelles au peuple afghan et s'engager sérieusement à ne plus jamais commettre de crimes aussi horribles auprès de la communauté internationale.

Vous avez mentionné que l'Australie avait dit que le gouvernement chinois devrait avoir honte. Des soldats australiens ont suivi l'ordre du gouvernement pour aller en Afghanistan, et certains d'entre eux y ont commis de telles brutalités. Le gouvernement australien ne devrait-il pas avoir honte ?

IRIB : Le 27 novembre, le scientifique nucléaire iranien Mohsen Fakhrizadeh a été assassiné près de Téhéran, capitale de l'Iran. Cet acte a été condamné par la communauté internationale. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La Chine est choquée par l'assassinat du scientifique iranien et condamne ce crime violent. Nous espérons qu'une enquête approfondie sera menée sur cet incident. La Chine s'oppose à tous actes qui aggravent la tension régionale et nuisent à la paix et la stabilité régionales. La situation régionale actuelle est hautement complexe et sensible. Toutes les parties doivent œuvrer à apaiser la tension régionale et à préserver la paix et la stabilité régionales.

BBC : Le Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères et du Commerce de l'Australie a présenté à l'Ambassadeur de Chine en Australie la position du pays sur le tweet concerné. Quelle a été la réponse chinoise à la partie australienne ?

Hua Chunying : Je n'ai pas encore reçu d'information concernée de l'Ambassade de Chine en Australie, et j'ai également appris cette nouvelle dans la presse. C'est injustifiable pour l'Australie de faire des démarches auprès de l'Ambassade de Chine. L'Australie doit présenter d'abord des excuses formelles au peuple afghan. Comme je viens de le dire, selon des médias australiens et le rapport d'enquête publié par le Département australien de la Défense, que des militaires australiens ont brutalement tué des civils innocents en Afghanistan est un fait. Les méthodes utilisées par ces militaires ainsi que d'autres détails révélés dans les reportages, notamment l'égorgement d'enfants afghans, sont aussi des faits. Le gouvernement australien doit en être honteux et a l'obligation de donner des explications à la communauté internationale et de promettre sérieusement de ne plus jamais commettre de crimes aussi horribles.

BBC : Selon des médias australiens, certains militaires impliqués dans cette affaire ont été licenciés et il y aura des poursuites pénales pour eux, et certaines personnes seront emprisonnées et punies. Quelles sont les mesures que la Chine espère voir prendre le gouvernement australien ?

Hua Chunying : En tant que gouvernement mature, le gouvernement australien doit savoir comment traiter adéquatement cette terrible affaire.

Beijing Media Network : Récemment, l'Organisation de la coopération islamique (OCI) a tenu une conférence ministérielle à Niamey, capitale du Niger. Une des résolutions de la conférence a été de souligner la volonté de renforcer davantage la coopération entre l'OCI et la Chine. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La 47e session du Conseil des Ministres des Affaires étrangères de l'OCI a fait des déclarations positives et amicales sur la Chine et s'est déclarée prête à renforcer la coopération avec elle. La Chine l'apprécie beaucoup.

La Chine jouit d'une amitié traditionnelle avec le monde islamique et entretient de bons échanges et contacts avec l'OCI. Les deux parties ont mené une coopération fructueuse dans la lutte solidaire contre la COVID-19. En particulier, ces derniers temps, l'OCI a envoyé, sur l'invitation, deux délégations en Chine pour visiter, entre autres régions, le Xinjiang. Les délégations ont pleinement apprécié l'importance que le gouvernement chinois attache à la protection des droits des croyants musulmans et ont salué les efforts de prévention du terrorisme et de déradicalisation pris la Chine.

La Chine attache une grande importance au développement des relations avec l'OCI et entend approfondir avec elle les échanges et la coopération pour promouvoir le développement global et approfondi des relations entre la Chine et le monde islamique.

Beijing Youth Daily : Le 25 novembre, les Missions permanentes auprès des Nations Unies de la Chine, de la Russie, de l'Afrique du Sud et d'autres pays ont organisé conjointement à New York une réunion virtuelle des membres du Conseil de Sécurité en formule Arria sur le thème « Mettre fin aux mesures coercitives unilatérales maintenant », à laquelle ont participé les représentants de plus de 70 pays. Du point de vue de la Chine, quelles sont les considérations spécifiques à la tenue d'une telle réunion ?

Hua Chunying : Les mesures coercitives unilatérales violent les buts et principes de la Charte des Nations Unies et le droit international, et compromettent les capacités des pays affectés à mobiliser leurs ressources, à développer leur économie et à améliorer le niveau de vie de leurs populations. Ces mesures affaiblissent encore, en particulier pendant l'épidémie de COVID-19, les capacités des pays ciblés à répondre à l'épidémie, entravent leur redressement après l'épidémie, et foulent brutalement aux pieds les droits de l'homme fondamentaux des populations des pays concernés, surtout ceux des groupes vulnérables, ce qui constitue une « insoutenable lourdeur » pour les populations des pays sanctionnés. Aucun pays consciencieux et responsable ne doit demeurer indifférent à ces faits.

La raison pour laquelle la Chine, la Russie et d'autres pays ont organisé la réunion susmentionnée est d'exhorter les pays qui imposent des mesures coercitives unilatérales à regarder en face l'injustice et les souffrances subies par les populations des pays touchés, et d'appeler la communauté internationale à déployer davantage d'efforts pour promouvoir la levée des mesures coercitives unilatérales. Lors de cette réunion, la plupart des pays se sont prononcés contre les mesures coercitives unilatérales et ont exhorté les pays concernés à mettre immédiatement fin à l'application de ces mesures. Cela a non seulement exprimé le fort appel des populations des pays sanctionnés, mais aussi représente l'aspiration commune de la communauté internationale.

La Chine s'oppose depuis toujours aux mesures coercitives unilatérales, se tient aux côtés des populations des pays sanctionnés, et les soutient dans leurs actions pour sauvegarder leurs droits légitimes et légaux. Le Secrétaire général des Nations Unies et le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) ont tous appelé à la levée des sanctions affaiblissant les capacités des pays à réagir à la COVID-19, et des dirigeants de nombreux pays ont également appelé, lors du Débat général de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, à la levée des mesures coercitives unilatérales.

Nous exhortons les pays concernés à écouter la voix de la justice de la communauté internationale, à lever immédiatement leurs mesures coercitives unilatérales illégales et inhumaines, et à travailler avec la communauté internationale dans la lutte solidaire contre l'épidémie afin de surmonter ensemble les difficultés.

Associated Press de Pakistan : Le Pakistan a participé, pour la première fois en tant que partenaire spécial invité, à l'Exposition Chine-ASEAN tenue à Nanning du Guangxi. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : Le Pakistan, qui soutient et participe toujours activement à l'Exposition Chine-ASEAN depuis de nombreuses années, profite de la plateforme offerte par cette exposition pour renforcer sa coopération économique et commerciale avec la Chine et l'ASEAN. Cette année, pour la première fois, le Pakistan a participé à l'Exposition Chine-ASEAN en tant que partenaire spécial invité. Le Président pakistanais Arif Alvi a prononcé un discours par liaison vidéo lors de la cérémonie d'ouverture de l'Exposition Chine-ASEAN et du Sommet d'affaires et d'investissement Chine-ASEAN, ce qui a démontré le désir sincère du Pakistan de renforcer davantage sa coopération avec la Chine et l'ASEAN.

Le Pakistan et la Chine sont de bons voisins, de bons amis et de bons frères reliés par des montagnes et des rivières. Il est également un partenaire stratégique tous azimuts et à tout temps de la Chine. Le Pakistan est géographiquement proche des pays de l'ASEAN. Nous sommes disposés à travailler conjointement avec le Pakistan et l'ASEAN pour promouvoir l'approfondissement constant de la coopération économique et commerciale entre la Chine, l'ASEAN et le Pakistan, afin de réaliser une coopération gagnant-gagnant.

Bloomberg : Selon des reportages, l'administration Trump s'apprête à mettre la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) et la Semiconductor Manufacturing International Corporation (SMIC) sur sa liste noire des entreprises industrielles liées à l'armée du Parti communiste chinois (PCC). Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Nous avons clarifié à plusieurs reprises la position de la Chine sur ces questions. La Chine s'oppose résolument à la politisation des entreprises chinoises concernées, et espère que la partie américaine offrira un environnement équitable, juste et non discriminatoire pour les opérations des entreprises chinoises, au lieu d'abuser du nom de la sécurité nationale pour imposer des sanctions ou des mesures restrictives discriminatoires aux entreprises chinoises, ou d'ériger des obstacles et des barrières aux échanges et à la coopération normaux entre la Chine et les États-Unis.

The Paper : Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a terminé sa visite au Japon et en République de Corée. Certains médias l'ont interprétée comme une action diplomatique visant les États-Unis. Quelle est votre réponse à ce sujet ?

Hua Chunying : J'ai remarqué l'article interprétant les résultats de la visite au Japon et en République de Corée du Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi, publié par The Paper hier. Il a résumé six points marquants de cette visite et les analyses là-dedans sont plus pertinentes que ce que vous avez dit. En fait, lors de la visite, M. Wang a déjà présenté les résultats de cette visite dans les deux pays.

Au cours de la visite au Japon, la Chine et le Japon ont atteint un consensus important en cinq points et des résultats concrets dans six domaines, dont la construction continue d'une relation sino-japonaise s'adaptant aux besoins de la nouvelle ère, le lancement d'une « voie rapide » pour les échanges humains nécessaires entre les deux pays, la tenue d'un nouveau tour de dialogue économique de haut niveau Chine-Japon à un moment opportun l'année prochaine, la mise en place d'un mécanisme de consultations interdépartementales pour la coopération bilatérale sur les produits agroalimentaires et aquatiques, et la création d'une liaison directe entre les autorités de défense dans le cadre du mécanisme de contacts maritime et aérien. Les deux parties se soutiennent mutuellement dans l'organisation des Jeux olympiques (JO) d'été de Tokyo et des JO d'hiver de Beijing. Tout cela a démontré la volonté claire des deux pays à promouvoir l'amélioration et le développement continus des relations bilatérales à pas assurés.

Depuis le début de cette année, la Chine et la République de Corée ont réalisé « quatre premiers » dans leur coopération efficace contre la COVID-19. Les deux pays ont été les premiers à mettre en place un mécanisme bilatéral de prévention et de contrôle conjoints, à juguler efficacement l'épidémie, à créer une « voie rapide », et à mener une coopération dans la reprise des activités économiques. Lors de la visite de M. Wang en République de Corée, les deux parties ont atteint un consensus en dix points autour de la promotion du développement des relations bilatérales et de l'approfondissement de la coopération régionale. Elles ont décidé de créer un Comité pour le développement futur des relations Chine-République de Corée et d'élaborer un plan de développement des relations bilatérales à long terme en profitant de l'occasion du 30e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques bilatérales, de se soutenir dans l'organisation des JO d'hiver de Beijing et des JO de la jeunesse d'hiver de Gangwon, d'œuvrer de concert pour maintenir la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne et de faire avancer le processus de règlement politique de la question de la péninsule. Nous sommes convaincus que les relations Chine-République de Corée, ayant résisté à l'épreuve de l'épidémie, se développeront sur une base plus solide.

Je tiens à souligner que les Nations Unies comptent plus de 190 États membres, qui sont tous indépendants et autonomes. La Chine, le Japon et la République de Corée sont des voisins proches, pour qui il est naturel de se rendre visite et d'avoir des échanges et communication fréquents. En fait, les trois pays maintiennent depuis toujours des échanges et consultations étroits. La Chine entend déployer des efforts conjoints avec le Japon et la République de Corée pour bien mettre en œuvre les acquis issus de cette visite, continuer de renforcer leur communication stratégique, approfondir la coopération pragmatique, et faire progresser les relations Chine-Japon et Chine-République de Corée de façon saine et régulière.

South China Morning Post : Selon China Daily, des agents d'application de la loi des départements concernés des États-Unis ont récemment mené des contrôles sans notification préalable et de manière répétitive sur des employés des compagnies chinoises de transport maritime et aérien, pour vérifier s'ils sont des membres du Parti communiste chinois (PCC). Les personnels techniques des bateaux chinois garés aux ports américains et des vols chinois à destination des États-Unis ont été touchés. La Chine dispose-t-elle des informations concernées ? Pourriez-vous le confirmer ?

Hua Chunying : C'est vrai que depuis un certain temps, des agents d'application de la loi des départements concernés des États-Unis ont mené des contrôles sans notification préalable et de manière répétitive sur des membres d'équipage des bateaux chinois, et ont interrogé et examiné les membres d'équipage de plusieurs vols chinois à destination des États-Unis, et ce pour vérifier s'ils sont des membres du PCC. Cet acte des États-Unis suscite la confrontation idéologique, sabote les échanges humains normaux entre les deux pays, constitue une grave provocation politique pour la Chine, et incarne une fois de plus la résurgence du maccarthysme ainsi que l'endiguement global de la Chine par les forces antichinoises aux États-Unis. Cela va à l'encontre de la tendance du développement de l'histoire, et ne correspond point à l'aspiration des deux peuples à des échanges d'amitié. La Chine a fait des représentations solennelles auprès des États-Unis.

Nous exhortons la partie américaine à cesser immédiatement cet acte erroné, et à s'abstenir de créer des confrontations idéologiques et de réprimer la Chine sans aucune raison. Si les États-Unis s'obstinent à accroître les provocations, la Chine prendra certainement des contre-mesures.

Beijing Daily : Le 28 novembre, le Directeur de l'Institut américain à Taiwan (AIT) Brent Christensen a déclaré que les dépenses militaires de Taiwan avaient battu un record cette année. L'administration américaine vendra toujours des armes à Taiwan l'année prochaine. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

Hua Chunying : D'abord, je voudrais souligner que la Chine s'oppose fermement aux ventes d'armes des États-Unis à Taiwan. Cette position est claire est constante.

J'ai remarqué que selon certains reportages, Taiwan avait dépensé 11,8 milliards de dollars US, soit 342,2 milliards de dollars NT, pour acheter des armes américaines cette année, ce qui équivaut à une charge par habitant de 14 500 dollars NT. Je ne sais pas ce que ressentent nos compatriotes de Taiwan lorsqu'ils apprennent que leur richesse créée grâce à un travail acharné est utilisée pour acheter des armes américaines d'occasion comme s'il s'agissait d'un distributeur automatique pour des groupes d'intérêts aux États-Unis.

Nous tenons à avertir sévèrement les États-Unis une fois de plus que tous actes visant à saper les intérêts vitaux de la Chine et à s'immiscer dans les affaires intérieures de la Chine feront l'objet d'une riposte résolue de la Chine. Nous exhortons les États-Unis à observer scrupuleusement le principe d'une seule Chine et les dispositions énoncées dans les trois communiqués conjoints sino-américains, à cesser toute vente d'armes à Taiwan et tout lien militaire avec Taiwan, à gérer prudemment et adéquatement les questions liées à Taiwan, et à s'abstenir d'aller plus loin sur la voie erronée et dangereuse. Nous tenons aussi à avertir sévèrement une fois de plus les autorités de Taiwan que l' « indépendance de Taiwan » aboutira à une impasse et que tous tentatives et actes visant à se faire gros en s'appuyant sur des forces étrangères et à rejeter la réunification par la force sont voués à l'échec.

BBC : Quant à la photo publiée sur Twitter concernant des soldats australiens, a-t-elle été spécialement faite pour ce tweet ? L'Australie a demandé la suppression de ce tweet. La société Twitter le fera-t-elle ?

Hua Chunying : J'ai remarqué cette photo en ligne, mais j'en ignore l'auteur. Je pense que la photo reflète l'indignation de nombre de gens face aux meurtres de civils innocents en Afghanistan, notamment aux meurtres cruels d'enfants afghans par des soldats australiens révélés par des médias australiens.

En ce qui concerne la demande du gouvernement australien à Twitter de supprimer le tweet concerné, il s'agit d'une affaire entre le gouvernement australien et Twitter. Cependant, je pense que le gouvernement australien doit regarder en face les faits. Des soldats australiens n'ont-ils pas commis des crimes tellement brutaux en Afghanistan ? N'est-il pas une réalité qu'ils ont tué des enfants afghans par le moyen cruel de l'égorgement ? Je pense que ce que le gouvernement australien doit faire maintenant, c'est de faire face à cette réalité, engager une profonde introspection, et prendre des mesures concrètes pour éviter la reproduction de ce genre de crimes inhumains. Je ne pense pas que ce soit une approche mûre et rationnelle pour lui de, d'un côté, ne pas être honteux des meurtres d'innocents par des soldats australiens en Afghanistan, et de l'autre, ne pas accepter de condamnations des autres pour ce comportement et y répondre en disant n'importe quoi.

Reuters : Depuis la semaine dernière, des médias officiels chinois ont commencé à couvrir le rapport d'enquête concerné sur l'armée australienne. Dans la même période, la partie australienne a critiqué la Chine pour avoir adopté des mesures commerciales telles que les mesures antidumping sur le vin australien et d'autres produits. L'Australie a également critiqué la Chine sur les questions des droits de l'homme cette année. La position de la Chine sur le rapport d'enquête australien concerné est-elle liée à la tension entre la Chine et l'Australie ? Si l'Australie n'avait pas critiqué la Chine sur les questions liées à Hong Kong et au Xinjiang, la Chine adopterait-elle cette attitude critique sur le rapport concerné ?

Hua Chunying : Je comprends votre logique interne. Vous croyez que la condamnation chinoise pour des crimes de meurtre commis par certains soldats australiens sur des civils innocents en Afghanistan est liée aux relations sino-australiennes. Je pense que vous l'avez excessivement interprété. Les meurtres de civils innocents par certains soldats australiens en Afghanistan, en particulier les meurtres d'enfants afghans, sont un crime odieux pour tout le monde. La Chine n'est pas seule à le condamner, toute autre personne de bonne conscience doit le condamner. Cela n'a rien à voir avec les récents problèmes entre la Chine et l'Australie. Il s'agit d'une question fondamentale du bien et du mal. Nous devons respecter des principes de base.

Comme vous l'avez mentionné, il y a effectivement eu des problèmes entre la Chine et l'Australie ces derniers temps. La cause profonde est que la partie australienne a violé les normes fondamentales régissant les relations internationales et pris des paroles et actes erronés sur les questions liées à Hong Kong et au Xinjiang qui concernent les intérêts fondamentaux de la Chine. La Chine a exprimé sa position solennelle sur ces sujets à plusieurs reprises. Nous espérons que l'Australie réfléchira à ses propres paroles et actes, reconnaîtra en partant véritablement de l'esprit de respect mutuel les problèmes qui existent entre les deux pays, et les regardera en face.

NHK : Michael Ryan, directeur exécutif de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), a déclaré que la possibilité que la COVID-19 ne soit pas originaire de la Chine était fondée sur des « présomptions ». Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Nous avons lu et entendu à plusieurs reprises des reportages dans le monde sur les dates et les lieux de l'apparition de COVID-19, ce qui prouve une fois de plus que la traçabilité du virus est une question scientifique complexe. Il faut que les scientifiques mènent des recherches et coopération à l'échelle mondiale pour promouvoir une compréhension meilleure du réservoir animal du virus et des voies de transmission, de sorte à mieux prévenir des risques possibles à l'avenir et à protéger la sécurité et la santé des peuples de différents pays.

Sur la question de la traçabilité du virus, la Chine a lancé en premier la coopération scientifique avec l'OMS dans une attitude ouverte, transparente et responsable. L'OMS a également communiqué à la Chine les progrès de la recherche mondiale sur la traçabilité de la COVID-19. La coopération en la matière progresse à pas assurés et les deux parties maintiennent des échanges et contacts étroits.

La traçabilité du virus est un processus continu qui peut impliquer plusieurs pays et régions. Nous espérons que tous les pays adopteront une attitude positive, renforceront la coopération avec les acteurs tels que l'OMS et feront progresser le travail de la traçabilité du virus dans le monde entier.

Prasar Bharati : le Directeur exécutif Ryan a aussi déclaré que l'OMS souhaitait envoyer un groupe d'experts au marché aux fruits de mer Huanan à Wuhan pour mieux tracer l'origine du virus. La Chine permettra-t-elle à l'OMS de mener une enquête là-bas ? Y a-t-il un programme définitif de leur visite ? Quand iront-ils à Wuhan ?

Hua Chunying : J'ai dit tout à l'heure que la Chine adoptait depuis toujours une attitude ouverte, transparente et responsable sur la traçabilité et qu'elle était parmi les premiers à mener une coopération scientifique avec l'OMS. Les coopérations concernées progressent régulièrement et les deux parties maintiennent des échanges et une communication étroits.

Comme je l'ai également souligné, il y a sur le plan international sans cesse de nouveaux reportages sur les dates et les lieux d'origine de l'épidémie de COVID-19. Cela démontre que l'épidémie a commencé à plusieurs endroits du monde et qu'il fallait que les scientifiques mènent des recherches et coopération à l'échelle mondiale. Nous espérons que tous les pays, à l'instar de la Chine, coopéreront avec l'OMS avec une attitude positive. Concernant les détails que vous avez mentionnés, actuellement, je n'ai pas plus d'informations à vous donner.

Shenzhen TV : Le Département d'État et le Département du Trésor des États-Unis ont annoncé l'imposition des sanctions à quatre fonctionnaires du gouvernement central de la Chine et du gouvernement de la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong sous prétexte de la prétendue répression des dissidents de Hong Kong. Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Comme la Chine l'a indiqué il y a quelques jours, les agissements concernés des États-Unis constituent une ingérence flagrante dans les affaires de Hong Kong et une ingérence grossière dans les affaires intérieures de la Chine, ce qui a violé gravement le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales. La Chine les rejette fermement et les condamne résolument.

En réponse aux actes erronés des États-Unis, la Chine a décidé d'imposer des sanctions à quatre personnes, à savoir le Directeur pour l'Asie de la Fondation nationale pour la Démocratie(NED) John Knaus, le Directeur régional des programmes pour l'Asie-Pacifique de l'Institut démocratique national(NDI) Manpreet Anand, la Cheffe des programmes de Hong Kong du NDI Crystal Rosario et le Directeur des programmes de Hong Kong du NDI Kelvin Sit, qui ont eu de mauvais agissements sur les questions liées à Hong Kong.

Je voudrais souligner encore une fois que Hong Kong fait partie de la Chine et que les affaires de Hong Kong relèvent purement des affaires intérieures de la Chine. Les États-Unis doivent cesser immédiatement d'interférer dans les affaires de Hong Kong et de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine, afin de ne pas aller plus loin sur cette voie erronée.

BBC : Dans le passé, la Chine a toujours affirmé qu'elle ne s'ingérerait pas dans les affaires intérieures d'autrui et a exhorté les autres à ne pas s'immiscer dans les siennes. L'affaire de l'Armée australienne n'implique pas la Chine, mais concerne l'Australie et l'Afghanistan. La réaction de la partie chinoise signifie-t-elle un changement d'attitude du gouvernement chinois ? Pouvons-nous croire que la Chine fera des remarques sur d'autres questions qui ne concernent pas directement la Chine ? Cette interprétation est-elle correcte ?

Hua Chunying : Votre question n'est pas dans le style habituel de la BBC. Êtes-vous si préoccupé par cette question parce que vous êtes de nationalité australienne ? Auparavant, l'Australie et le Royaume-Uni, où se trouve le siège de la BBC, n'hésitaient jamais à aller au devant de la scène pour lancer toutes sortes d'accusations contre la Chine sur les cas infondés et inventés concernant les droits de l'homme et les « crimes » inexistants. Cette fois, des soldats australiens ont commis des crimes brutaux en Afghanistan. Les preuves en sont irréfutables et même le Département australien de la Défense les a clairement reconnues dans un rapport. Cette question ne relève plus des affaires intérieures d'un certain pays, mais doit être vivement condamnée par toutes les personnes de bonne conscience dans le monde entier. Ne partagez-vous pas cet avis ? Ne pensez-vous pas que les crimes commis par ces soldats australiens doivent être condamnés ? Ne pensez-vous pas que le Premier Ministre Scott Morrison et le gouvernement australien mêlent le vrai et le faux sur cette question et doivent être remis en question ? Pensez-vous qu'il soit inapproprié pour la Chine de condamner les crimes brutaux commis par certains soldats australiens en Afghanistan ? C'est une question des droits de l'homme, et qu'est-ce qu'elle a à voir avec les affaires intérieures ?

BBC : J'ai posé cette question simplement en tant que journaliste, et il n'y a pas de critique implicite dans ma question. Je sais que tout le monde trouve cette affaire horrible. Je suis sûr que certaines personnes applaudiront la prise de position sur la scène internationale par la Chine pour des affaires qui n'ont pas de lien direct avec elle. Mais étant donné la nature inhabituelle de cela, je voudrais savoir si l'on peut s'attendre à ce que Chine s'exprime davantage sur de telles questions ?

Hua Chunying: La Chine s'exprime toujours à voix haute lorsqu'il s'agit des affaires à l'encontre de la conscience humaine et de l'équité et de la justice internationales, ce pour défendre la justice.

La BBC, si elle n'est pas partiale, devra également condamner les crimes brutaux commis par certains soldats australiens en Afghanistan. Voilà ce que devra faire un média qui est vraiment juste, objectif, de bonne conscience et socialement responsable. J'espère également que les médias, y compris la BBC, ne prendront plus seulement la Chine dans leur viseur pour chercher le poil dans l'œuf lorsqu'ils parlent des questions des droits de l'homme. Ils devront élargir leur vision et renforcer la couverture médiatique des violations des droits de l'homme dans certains pays occidentaux, au lieu de rester les bras croisés, fermer les yeux ou adopter une position partiale.

BBC : C'est justement grâce aux reportages réalisés par des journalistes que nous avons pu connaître l'affaire. Des journalistes d'ABC subissent une grande pression de la part du gouvernement australien, et un journaliste a même été menacé de prison. Les journalistes ont couru un grand risque pour dénoncer cette affaire horrible. Mais je ne sais pas ce que nous pouvons faire en plus des reportages. J'ai simplement posé la question en tant que journaliste, sans défendre ce que l'Australie a fait.

Hua Chunying : Je comprends ce que vous voulez dire. Je pense que les journalistes d'ABC ont fait une bonne chose en dénonçant cette affaire. Les véritables violations des droits de l'homme doivent être révélées sans hésitation. J'ai aussi lu d'anciens reportages des médias australiens selon lesquels certains journalistes australiens avaient été réprimés ou persécutés pour avoir dénoncé certains mauvais agissements du gouvernement australien. Mais je pense qu'il s'agit des affaires intérieures de l'Australie.

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